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INTERVIEWS

ARCHÉE / 2014

Les plis de la composition : corps, musique, formes du temps. Enrico Pitozzi : conversation avec Myriam Gourfink et Kasper T.Toeplitz Oxford University Press, (2014).

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TÉLÉRAMA / 2009

Propos recueillis par Rosita Boisseau
L'énergie anatomique.

Une respiration, une contraction... Myriam Gourfink chorégraphie l'infime de son corps sur une partition ciselée au millimètre. Elle est unique. La danseuse et chorégraphe Myriam Gourfink a développé depuis dix ans une danse au millimètre, qui se déploie au ralenti. Sur une surface réduite, cette partition concentrée, entre minuscule dilatation du mollet et infime contraction du dos, exige une technique et une connaissance de soi au plus intime. Autant d'exploits discrets que cette fan de yoga chorégraphie avec un ciselé d'orfèvre. Elle est à l'affiche de la saison musicale de Royaumont, où elle dirige le Centre de recherche et de composition chorégraphiques depuis 2008. Voyage au coeur des micromouvements avec Mynam Gourfink en guide spéléo.

Quel est le point de départ corporel de votre mouvement ?
C'est le souffle qui lance le mouvement. Puis, ce sont les appuis du corps qui prennent le relais. II s'agit d'abord pour moi de trouver une respiration basse, diaphragmatique, puis de la faire monter au niveau thoracique, puis daviculaire. Cette respiration de bas en haut en trois étapes est une mise en place indispensable. Elle est aussi la base du yoga que je pratique depuis longtemps. J'ai besoin en moyenne de deux a trois heures avant chaque représentation pour atteindre ce fil respiratoire tenu et continu qui me permet de dérouler centimètre par centimètre ma partition. C'est lui qui sculpte littéralement le corps en mouvement et qui l'amené a bouger.

Que ressentez-vous pendant le mouvement ?
Je suis traversée par des flux d énergie, des vibrations lentes et profondes comme des fréquences musicales. Je me sens enracinée et livrée à des forces telluriques. II est d'ailleurs impératif pour que je tienne le rythme très lent de ma danse, que je m'enfonce dans le sol. Tous les appuis de mon corps, qu'il s agisse des genoux ou du bassin, sont investis de la même manière. II n'y a aucun relâchement dans ma façon d'être au sol. Au contraire. Tout mon corps est tenu - en particulier les abdominaux et la cage thoracique. C'est un phénomène très intériorisé.

Comment gérez-vous cette chorégraphie mimmaliste toute en retenue ?
Les appuis bougent centimètre par centimètre. Je dois cette précision une fois encore au yoga et à des exercices précis inspirés par cette pratique. Je travaille par exemple des bascules du bassin très subtiles. Ou bien, des déroulements de la colonne vertébrale, vertèbre par vertèbre, jusqu'au coccyx. Il faut apprendre a repérer intérieurement les plus minuscules rouages de son anatomie. A la fois, le squelette, mais aussi les organes, les muscles.

Est-ce que votre danse peut s'apparenter à une forme de voyage dans les multicouches du corps ?
J'ai en effet I impression de visiter mon corps par couches. Pendant le spectacle, je visualise les différents systèmes de la moelle a la peau avec des couleurs différentes. Je traverse un mille-feuille dont l'épaisseur dissimule des nuances différentes. J'ai aussi la sensation d'ouvrir un trajet a l'intérieur de moi pour anticiper les différents moments de la partition. Plus concrètement j'ai aussi l'impression d'incarner des personnages. Je me sens parfois comme un buffle, parfois comme un oiseau, mi-animal, mi-femme.

PATCH / 2009

Center for Contemporary and Digital Script Review / february 2009 / N° 09
Interviewed by Philippe Franck and Clarisse Bardiot
Carte blanche to Myriam Gourfink

With Contraindre (2004), This is My House (2005) or more recently Les temps Tiraillés, Myriam Gourfink has developed a demanding and personal choreographic body of work, drawing on a precise way of writing inspired by Rudolf Laban (who elaborated a theory on the notation of movement, known as « Labanotation », in the beginning of the 20th century). Based on yoga and respiration control, her approach inscribes the living process in an almost hypnotically slow space-time which goes against a culture that is ruled by speed an zapping. Myriam Gourfink works in close collaboration with composer Kasper T. Toeplitz, who constructs sound-spaces in real time, as well as with computer scientists, in order to explore, with the help of both dancers and digital devices, micro-movements in an intense synergy of mind and body. The goal of this research is to invite performers, via an open score, to create the dance together with the choreographer.

CONTACT QUARTERLY / 2003

Interview by Laura Porter Blackburn
Published in Contact quarterly / winter-spring 2003

How did you get interested in working this way?
Yoga was the starting point of my work. I began to be aware of my breath, and I decided to move only sustained by it.

Is your idea of slowness also an influence of yoga?
I wanted to invest the body with breath and concentration and as a result the movement seems slow. Maybe because you have another perception of time : you are aware of very tiny movements of the body, aware of everything around you, aware of the atmosphere inside and outside, aware of your inside story. Your perceptions become more and more subtle. . . Am I slow ? I don't know, there is so much going on ! But for sure, I am lost in the elasticity of time. So, this way of being that appears as slowness comes absolutely from yoga and, I would say, from the notion of "Sthira Sukha," which means a certain line of tension or tonicity of the body coming from the release. In that state, release and tonicity overlap continuously and are parts of the same thing. I have the feeling that the slowness, the breathing, and the concentration are kneading me, and make me give the deepest and the rarest of myself.